Pour tous les AS qui souhaitent arrondir leurs fins de mois sans se lancer dans l'entrepreneuriat, il est donc possible de faire quelques heures sup chez des particuliers.
I - Quels actes ?
En théorie, vous devez vous limiter aux actes qui seraient dévolu aux AVS. Donc, pas de toilette médicalisée et encore moins de pansement ou prise de médicament (excepté si la prescription porte la mention A.V.C - Acte de la Vie Courante).
C'est beaucoup plus flou en pratique et encore plus si vous êtes amené à prendre en charge un patient qui n'a pas pu être pris en charge par une IDEL ou un SSIAD.
En tout état de cause, couvrez vous....
II - Sous quel statut ?
Vous conservez un statut de salarié (contrairement à l'auto-entrepreneur).
Vous êtes employé par un particulier et il est préférable d'établir un petit contrat écrit qui vous liera à votre employeur et précisera en quelques mots les termes du contrat.
Pourquoi un contrat ? Tout d'abord, pour "fixer les règles" et ainsi pouvoir recadrer les limites de la prise en charge.
Ensuite pour bien délimiter les différents contrats. Par exemple, vous intervenez chez M Y dans le cadre d'un SSIAD et ce meme monsieur vous demande en plus de passer le coucher vers 21H00 (Le SSIAD ne pouvant accéder à cette demande). Un contrat vous permettra de différencier votre emploi d'AS en SSIAD de ce "petit boulot".
Théoriquement, les fiches de salaires constitue un élément du contrat mais c'est parfois insuffisant pour délimiter votre champ d'action.
III - Comment être rémunéré ?
Nous avons déja parlé du CESU bancaire ou préfinancé.
Je rappelle que dans le cadre qui nous intéresse ici, seuls les CESU bancaires sont utilisables. A cela, une petite exception puisque l'état à distribué (en juin et en septembre semble-t-il) des CESU préfinancés qui peuvent être utilisés pour rémunérer un salarié.
La démarche la plus simple consiste pour l'employeur à s'inscrire auprés de l'URSSAF par internet
http://www.cesu.urssaf.fr/cesweb/home.jsp puis à déclarer son employé de la meme façon.
Une fois ceci fait, il suffira à votre employeur de vous régler par CESU bancaire (à demander à l'organisme bancaire) puis de régler les charges afférentes à ce salaire directement à l'URSSAF (c'est l'URSSAF qui en fonction du salaire net versé à l'employé déterminera le montant des charges et les réclamera).
En tant que salarié, vous recevez un salaire net qui dé^pendra bien évidemment du tarif horaire que vous appliquerez.
III (bis) : Le calcul des charges
J'explique ici en quelques mots la différence entre charges au réel ou au forfait.
Lorsque l'employeur déclare votre salaire, il doit indiquer si les charges doivent être calculées au réel ou au forfait.
Au réel : Les charges sont calculées en fonction du salaire effectivement versé.
Si je travaille 20 heures avec un tarif horaire de 12.40 € je toucherais donc un salaire de 248 € net.
Les charges seront donc calculées sur ce meme montant.
Au forfait : Les charges ne sont plus calculées en fonction du salaire effectivement versé mais en fonction du taux horaires correspondant au SMIC.
Ce qui signifie que l'employeur ne paiera pas des charges sur 248 € (en reprenant l'exemple précédent) mais sur 20 Heures * valeur du SMIC horaire ce qui nous donne à ce jour 20 * 7,46 = 149,20 €.
Au final, si vous souhaitez bénéficier d'IJ ou être indemnisé en tant que chomeurs, le salaire pris en compte pour cette activité annexe sera 149,20 € et non pas 248 € (meme si c'est cette dernière somme que vous avez perçue).
La formule "au forfait" est donc plus avantageuse pour l'employeur qui par ce biais versera moins de charges ce qui abaissera le cout du service. D'un autre coté, un AS qui travaille déja à plein temps dans un EHPAD ou en SSIAD par exemple, ne tirera pas grand avantage de voir ses quelques heures payées au réel et il pourra proposer à ses clients d'opter pour les charges au forfait en en faisant un vrai argument "commercial". Enfin, il est évident qu'accepter que les charges afférentes à son salaire soit calculées au forfait (économies pour l'employeur) peut éventuellement permettre de réévaluer le tarif horaire net demandé.
IV - Quels tarifs appliquer ?
Les tarifs doivent prendre en compte plusieurs éléments.
- Les frais de déplacements (patient proche de ton domicile ou non)
- Le patient en lui meme (grabataire ? corpulent ? incontinent ? etc...)
- Les tarifs moyens pratiqués par d'éventuels autres prestataires (concurrence oblige)
- Temps moyen passé pour effectuer l'acte
- Récurrence des passages (proposer des tarifs plus attractifs pour des personnes qui feront appel à vous tous les jours par rapport à d'autres qui feront appel à vous 2 fois par semaine).
Aider un patient qui se déplace avec une canne, continent et malvoyant ne se facturera pas comme aider un patient grabataire, incontinent et lourd.
Pour ma part, je facture 6 euros net pour un coucher d'un patient lourd avec hémiplégie (sans change ni petite toilette) et qui habite à 5 mn de chez moi en voiture, ce qui me prend trajet compris environ 20 mn.
Cela peut paraitre peu mais c'est un tarif net (l'employeur paie des charges urssaf qui se rajoute à cette somme) et cela donne tout de meme un tarif horaire de 18 € net de l'heure ce qui est bien plus que ce que peut toucher n'importe quel AS.
J'espère avoir été assez clair. Le cas échéant, n'hésitez pas à demander des éclaircissements.